Newsletter – Fioretti #4 Léo, Farès, Lilian et les autres

Chers Amis,

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Si, à la différence des précédentes livraisons, ce fioretto n’est pas un récit de conversion, il peut en faire espérer de belles ! Dieu sait ce qu’il fait. Les circonstances providentielles qui président à la fondation de « l’Académie Cœur de France » ne peuvent-elles pas laisser penser que le Seigneur a un plan ?

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En 2016, en fondant le Patronage du Coeur, bien conscient que le foot est la première « religion » pratiquée à la Porte de Bagnolet, nous espérions proposer une bonne formation à ce sport et constituer bientôt une véritable équipe…. Rapidement, nous dûmes admettre que  l’exiguïté de notre petit « foot à cinq » bornerait toujours nos ambitions. L’idéal eût été d’obtenir un grand terrain de la Ville de Paris… l’interminable liste d’attente restant pour le moins dissuasive. Régulièrement pourtant, l’idée revenait comme un air entêtant.

C’est en recrutant, après Pâques 2021, un nouveau directeur-adjoint, que le projet refit surface. Le jeune homme qui se présenta à l’embauche ne manqua pas de retenir l’attention de Thierry (le vice-président) et de moi-même. Du haut de ses vingt-trois ans, Elias nous raconta son parcours étonnant, que voici en quelques lignes.

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Sa famille quitta le Paraguay natal dans l’espoir de soigner le fils aîné atteint d’une leucémie. Quelques belles années de vie furent gagnées avant que la mort finisse par rattraper le grand frère tant aimé âgé, à peine âgé de dix-sept ans. Une  épreuve dramatique, assumée dans une foi toute latine. Neveu de Roque Santa Cruz (l’un des plus célèbres joueurs du Paraguay) Elias s’investit avec passion, dès son plus jeune âge, pour le ballon rond. Admis au Centre de Formation de Clairefontaine, il rejoignit Auxerre dont il ressortit avec un excellent classement, sans cesser de suivre ses études et d’assumer sa foi de façon décomplexée.

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Elias (à droite), entraîneur et Kélian son assistant

Tout juste entré dans l’âge d’homme, il rencontre la femme de sa vie et avec qui il ne tarde pas à se marier. Il propose alors à sa paroisse du 19° arrondissement de l’aider à ouvrir un centre pour les jeunes les plus désœuvrés du quartier, sans cesser de s’entraîner dans des clubs qui n’ont pas manqué de repérer  son talent. À peine le petit patronage improvisé a-t-il vu le jour que son curé est nommé ailleurs et qu’un poste professionnel lui est proposé dans une grande équipe du Paraguay. Son épouse et lui quittent Paris pour Asuncion après la naissance d’une petite fille. Mais qui pouvait prévoir qu’un pangolin chinois s’apprêtait à plonger le monde entier dans l’hébétude ? Notre footballeur est contraint de renoncer à la belle aventure et revenir en France.

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Elias pourrait s’engager exclusivement dans la voie professionnelle sportive, mais deux choses l’en dissuadent : il a conscience de la fragilité des carrières de champions que la moindre blessure fait vaciller à jamais ; sa foi l’appelle surtout à se mettre au service des jeunes les plus pauvres (à leur éducation et leur évangélisation). Humblement, il est conscient que ses dons pourraient l’aider à accomplir cette mission. N’a-t-il pas le devoir de faire fructifier ses talents ?

Thierry et moi sommes impressionnés par la maturité de ce jeune homme que nous ne tardons pas à embaucher. Dieu nous a trouvé l’entraîneur inespéré ne  pourrait-il pas nous obtenir un véritable lieu d’entraînement ? Je téléphone à un élu qui se montre sensible à cette opportunité inédite. Combien de garçons de la Porte de Bagnolet cherchent une place en club et y renoncent, faute de moyens ? Cet été, en juillet, alors que je suis en plein camp Saint-Raphaël, je reçois un appel qui m’annonce ce petit miracle : non seulement le patro du Coeur s’est vu attribuer un terrain, mais il est à moins de dix minutes de notre clocher et le créneau est le meilleur que l’on puisse convoiter : le vendredi à 18h ! [br][br]

Fin août, Elias sillonne le quartier en distribuant des tracts invitant à une « détection » en vue de fonder « l’équipe de la Porte de Bagnolet » – puisqu’il n’en existe pas de telle. Je propose de la dénommer « Cœur de France » étant convaincu que la célébration de la patrie charnelle est, plus que jamais, essentielle dans la formation de jeunes si déracinés et pourtant désireux de devenir fils de France plus qu’administrativement ! La rumeur fait le tour des cités à l’entour et l’on se presse dans l’espoir d’avoir une place dans l’équipe d’Elias qui me dit un jour « Mon Père, en fait, ce n’est pas vraiment une équipe qu’il faut faire, c’est une académie », qui impliquerait bien davantage que des entraînements : un esprit de famille qui profiterait autant aux victoires espérées qu’à l’épanouissement de chaque jeune.

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De fait, à ce jour, deux équipes sont formées et l’Académie est d’ores et déjà entrée en lice dans le tournoi officiel de la Fédération Sportive et Culturelle de France (résultats ci-contre). Très majoritairement d’origine étrangère, ces jeunes m’impressionnent par leur énergie et leur volonté d’écrire une légende. J’ai l’impression de revoir un ces innombrables films américains qui racontent l’épopée sportive d’une équipe partie de rien. En débarquant, mal fagotés, sur le terrain, nos jeunes sont souvent toisés par des adversaires fièrement vêtus, mais le respect s’est en général imposé en fin de match !
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Une chose est très probable et vérifiable (les quotients familiaux permettent de l’établir), ces adolescents renoncent à s’offrir le club le moins cher du quartier alors même que leur niveau est parfois excellent. Nos imbattables forfaits leur offrent la chance de s’entraîner dans les meilleurs conditions et d’intégrer une belle communauté éducative, sous les auspices d’un éducateur chrétien. Que peut-on espérer de mieux ? J’espère vous donner prochainement de bonnes nouvelles de cette fragile mais belle aventure qui ne fait que commencer et y joindre une photo de nos chevaliers enfin équipés d’une armure digne de ce nom !

L’équipe U16 de l’Académie

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En attendant de commander une tenue de champion, on récupère ce que l’on trouve !

Par ailleurs, vous le savez, l’association Extram a récupéré le chalet collectif d’une paroisse qui s’en départait pour le mettre au service des patronages populaires. Nous avons déjà passé près d’une dizaine de séjours d’été au «Chalet des Archanges» et nous nous sommes mis en tête de réhabiliter sérieusement le bâtiment pour lui assurer un avenir et souscrire aux exigences draconiennes qui anéantissent tant de lieux éducatifs en France. À l’heure où nous écrivons ces lignes, les travaux sont en cours et devraient être achevés en grande partie pour Noël. Cette maison voudrait pouvoir continuer à répondre à une vocation essentielle : permettre à tant de jeunes privés de famille, de vie de foi et de contact avec la nature … de vivre des séjours où règne un esprit de fraternité et d’espérance dans le cadre sublime que nous offre la chaîne du Mont Blanc. Là encore, Pro Multis veut être au rendez-vous en soutenant la mise à disposition de lieu si utile. N’hésitez pas à demander le dossier détaillé du réaménagement en cours (avec les plans et les devis).

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La salle du futur foyer du chalet

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Autant de projets qui ne se font pas sans votre aide. Empêché de vous remercier à la hauteur de vos prières et de vos dons, vous savez que je me suis engagé à célébrer, chaque jeudi, la messe aux intentions des bienfaiteurs qui soutiennent ces œuvres.

Surtout, n’hésitez pas à passer à la Porte de Bagnolet (voire au chalet des Contamines-Montjoie) pour voir les sourires que vous suscitez ! Ils sont l’avenir de la France et plus encore, je l’espère de tout cœur (et avec le Sacré Cœur) … de l’Église du Seigneur !
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Fidèlement,

en Jésus,
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Abbé Simon+
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