Lorsque la proposition d’un « camp de ski » vient aux oreilles de Thalie, élève en seconde à Ploërmel, elle n’hésite pas un instant. Une « classe de neige » vécue en primaire lui avait laissé de tels souvenirs qu’elle s’était jurée d’y revenir à la première occasion.
Thalie est bien inspirée car les Contamines nous réservent une fois de plus une semaine assez exceptionnelle. Plus que la météo, c’est l’ambiance de ce séjour que j’accompagne qui me marque particulièrement. Les « grands » sont animés d’un « bon esprit qui dispose au Saint Esprit » et entraîne toute la communauté. L’identité spirituelle du séjour, cette élève de Seconde n’y avait guère prêté garde, elle qui ne connait rien ou presque rien du christianisme et qui pensait peut-être que l’épithète « catholique » accordé à nos camps était aussi inoffensif que pour la plupart des institutions scolaires des environs où elle a quelques amis ! Aux Archanges, la joie de la foi est contagieuse, comme elle l’expliquera plus tard : « J’ai vu les effets de la présence de Dieu dans le cœur de jeunes de mon âge et j’ai essayé de prier pour la première fois de ma vie… ». En effet, à l’occasion de la traditionnelle rétrospective organisée quelques semaines après le camp, elle m’exprime son désir de devenir chrétienne en me précisant que ses parents sont « déjà d’accord ».
Ce que je ne savais pas, c’est que Thalie était élève au nouveau lycée public de Ploërmel, institution pour laquelle notre évêque nous demande de lancer au plus vite une aumônerie… Or, les travaux des bâtiments construits en vue de cette mission n’étant pas achevés à Noël, nous pensions différer le lancement à la prochaine rentrée, espérant mettre à profit ce temps pour élaborer une stratégie… C’était sans compter sur l’impatience de l’Esprit ! Car en plus de Thalie, deux autres garçons ont frappé à la porte et j’ai dû, depuis, improviser des premières séances de catéchuménat assis par terre, au milieu de la peinture fraîche, aucun équipement n’ayant été disposé…
Depuis, chaque semaine, je retrouve ainsi mon trio de catéchumènes, parfois étoffé d’auditeurs libres… quelle heure de grâce pour un prêtre ! Parfaite illustration de ce phénomène partout observé à l’occasion des fêtes de Pâques cette année en de nombreux coins de France : l’arrivée imprévisible d’adolescents tombés du Ciel.
Ils semblent avoir rencontré Jésus sur TikTok comme on cueille une fleur pure et délicate au milieu d’une décharge, comme on choisit la Vérité au milieu d’un océan d’impostures ou la Beauté au milieu du pire à voir ! Avec cette audacieuse liberté qui est la marque l’Esprit, les voici parfaitement déterminés à sortir de la matrice… au grand dam du Prince de ce Monde.
En attendant le baptême, Thalie passera le BAFA ! Cet été, trop heureuse de retrouver les Archanges, elle sera « grande sœur » (apprentie animatrice) au camp Saint Raphaël (celui des primaires) où elle a d’ailleurs inscrit son petit frère Ewen qui quittera donc l’imaginaire familier des sorcières de Brocéliande (servi dans les écoles municipales de la région) pour les récits bibliques et la Geste des Saints contés par les Petites Sœurs de la Consolation, fidèles accompagnatrices de nos camps d’été.
Bref, même si mon départ du Patronage du Cœur (avec la perte des effectifs que sa participation garantissait) rend plus laborieux le lancement des trois « camps des Archanges » de l’été, gageons que ces petites semailles, rendues possibles par la mise à disposition du chalet et ce qu’il me permet de proposer à peine arrivé, ne tarderont pas à porter encore plus de fruit et enclencher cette « évangélisation des jeunes par les jeunes » dont j’ai été le témoin si heureux à la Porte de Bagnolet.
Une chose est certaine : jamais les choses n’auraient pu se lancer si rapidement sans ces moyens que nos bienfaiteurs nous permettent de réunir. Aujourd’hui, si les camps des Archanges réunissent des jeunes de toute la France, voyez comme ils profitent immédiatement à mon ministère local !
Votre soutien, à la fois pour continuer de proposer un financement partiel des familles les plus pauvres sur la base du quotient familial est d’autant plus précieux cette année que nous perdons le soutien de la Fondation Notre-Dame dont l’action est circonscrite aux séjours organisés depuis Paris ! Envoyé comme prêtre « fidei donum » (pour trois années), je perds le précieux soutien de la fondation du diocèse de Paris : il ne me reste donc que vous !
Assurément, nous n’aurions donc pas pu proposer ces camps sans ProMultis cet été : merci de tout cœur pour votre fidélité.
Sachant qu’elle est d’abord celle de la prière, je vous confie les trois camps des Archanges (présentés ici) et vous promets un petit rapport après l’été.
Par l’intercession de Sainte Anne et des Saints Archanges, soyez bénis !
Note Bene : 3 trois chiffres à l’heure où ces lignes sont écrites :
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